Sing’Allelujah

Retour de Sumatra

septembre 30, 2008 · Un commentaire

Bonjour à tous!

Me voici de retour à Singapour, après une semaine tout seul comme un grand à la découverte du Nord de Sumatra.

Pulau Samosir

Atterrissage à Medan (mon guide dit que le nom signifie “champ de bataille” -vraiment pas usurpé), le temps de se faire extorquer des prix exorbitants par un chauffeur de taxi et son copain véreux de la compagnie de bus -pour m’échapper au plus vite sur une (presque) île paradisiaque: Pulau Samosir, sise au milieu du lac Toba (photos ici).

Le guide disait: coin paradisiaque, pas cher, injustement oublié des touristes, excepté les Indonésiens aisés qui débarquent de Medan le week-end pour venir faire la fête. Eh bien, tout cela est parfaitement vrai!

L’ambiance paisible prête à déguster les plats proposés par les restos à des prix dérisoires. Les rizières disputent aux montagnes et aux vues lacustres le titre de paysage le plus enchanteur, les gens sont calmes, souriants et très hospitaliers; la cuisine succulente.Qu’on est bien!

On croise bien quelques routards, charmés et charmants, notamment un israélien et une allemande, avec qui nous avons été invités à un mariage local. Célébration des plus catholiques dans l’église du village suivie par des danses traditionnelles batak -sortes de farandoles traditionnelles dont la principale singularité réside dans les mouvements que les participants font avec leurs mains jointes. Tout ceci semble plus rituel que festif. Les jeunes mariés ne sont guère souriants; la fête les met d’ailleurs peu en avant, mais autour d’eux, tout le monde s’amuse et boit du toak -une sorte de bière à base de fruit de palm-oil tree.

Personnellement, j’avais bien l’intention de profiter des prix pour casser mon budget -mais c’est surtout la moto que j’ai louée pour faire le tour de l’île que j’ai cabossée, et si l’excursion était géniale, le prix demandé par la propriétaire à la fin de la journée fut beaucoup moins sympathique!

Un peu échaudé et le portefeuille à vif, j’ai fini mon séjour avec mon moyen de transport favori: mes pieds! Les pointes de vitesses sont tout de suite nettement moins impressionnantes, mais je goûte toujours autant ce rythme lent. Il se prête tellement à la découverte d’un lieu dans sa profondeur, à des rencontres impromptues au bord de la route -parfois à d’interminables palabres avec des marchands de babioles en mal de clients! Les sentiers de randonnée, pratiquement à l’abandon, ne me laisseront toutefois pas un souvenir impérissable. C’est essentiellement l’absence d’entretien qui les rend difficile -et si l’île est globalement très propre, les randonneurs n’y ont visiblement pas l’habitude d’emmener leurs papiers avec eux -dommage!

Bukit Lawang

Nouveau passage obligé à Medan, que je dois traverser pour aller prendre le bus défoncé qui me mène à la deuxième étape de mon voyage: Bukit Lawang, pays des orang-outans.

J’arrive à la nuit tombée sous une pluie battante -pour apprendre que les prix des treks dans la jungle ont augmenté de 50% en roupies (ils sont indexés sur l’euro, passage de groupes européens oblige!) par rapport à ce qu’indique mon guide… mais il n’y a pas de distributeur de liquide en ville, je suis un pauvre étudiant et les clients sont rares… on me consent une remise sur les prix affichés -donc a priori non négotiables.

Je pars le lendemain matin en compagnie d’un guide, de son assistant, et de deux jeunes femmes, à l’assaut de la jungle. La pluie vient de cesser, c’est a priori un très bon moment pour apercevoir des orang-outangs -ils étaient là: photos-.

Trek de trois jours à jouer au montagnes russes à travers la jungle -petit piment: je ne trouve rien mieux que de tomber malade à peine parti… je finis la journée à la limite du délire fiévreux, j’ai marché comme les autres mais je cours m’effondrer sur le bivouac dans un sommeil comateux! Heureusement pour moi, les autres membres du groupe sont plutôt compréhensifs -et pas forçats du trek pour deux sous: ils acceptent d’avancer à mon train de sénateur, et s’habituent à m’attendre, alors même que je retrouve peu à peu mes forces. Le dernier jour, je suis en pleine forme pour le retour au village à travers les rapides sur un gros radeau fait de vieux pneus liés ensembles. Virée extrêmement sympa, même si on a pu voir des serpents traverser le cours d’eau…

Bilan de ces 3 jours: plein de beaux orang-outangs, des paysages enchanteurs, des guides bien gentils qui n’ont pas trop râlé devant ma fièvre… et une bouteille de coca ramenée avec le bivouac par un porteur le 2e jour qui a fait toute ma joie!

Le soir, nous avons vraiment trop de mal à abandonner cette jungle et ses habitants, nous retournons au feeding-centre, où des orang-outangs qui n’ont pas encore totalement retrouvé l’état sauvage reviennent manger un morceau de temps en temps. Les singes sont les mêmes, mais le spectacl n’a pas grand chose à voir avec la jungle: les orang-outangs sont tout à fait à l’aise avec les installations, n’hésitent pas à racketter le ranger du centre pour piquer le dernier régime de bananes qu’il cache au fond de son sac: c’est moins magique mais plus rigolo.

Retour final à Medan, où les taxis en veulent toujours autant à mon portefeuille -je me carapate dans un bar en attendant l’heure du décollage; la cohue de l’aéroport est l’occasion de sueurs froides: ça hurle de partout, tout est encore manuel, il n’y a rien d’affiché nulle part…

Je suis bien content de retrouver mon bon vieux Singapour avec son Burger King, ses bus avec des prix affichés, ses routes sans nids de poule et ses Singapouriens qui donnent des conseils en anglais, mais qu’il ne faut surtout pas écouter!

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