Sing’Allelujah

Vacances au Cambodge

août 18, 2008 · 2 commentaires

Je suis rentré dimanche d’une semaine au Cambodge, passée en compagnie de Maxime, Marine et Romain venus de France. Eux crapahutaient déjà depuis deux semaines au Laos lorsque je les ai rejoints. Plutôt que de narrer par le menu le détail de notre périple,  je vais plutôt essayer de brosser à grands traits ce que j’ai pu voir du Cambodge en une semaine.

*Pour les photos, il n’y en a que pour les 2 premiers jours, désolé, j’ai surestimé ma batterie!

*Conformément à mon habitude, je suis bavard (trop) -je vais devoir éclater mon récit en plusieurs parties pour qu’il soit lisible!

Partie 1 -Les temples Khmers: on en reprendrait bien Angkor un peu (désolé, j’ai pas pu m’empêcher…)


“une telle profusion déconcerte; à notre époque de mesquinerie versatile, on arrive à peine à comprendre ce que furent la persévérance, la richesse, la foi, l’amour du grandiose et de l’éternel, chez ce peuple disparu.”

(Pierre Loti, Pélerin d’Angkor, sur le Bayon)

Nous avons passé 5 jours dans les temples, et bien que je ne sois pas forcément un inconditionnel des vieilles pierres, j’ai été conquis.

Pour ceux qui aiment les livres, je ne peux que recommander la lecture de la nouvelle Un pélerin d’Angkor de Pierre Loti (50 pages, suivez mes liens pour se le procurer, ou pour davantage sur Angkor dans la littérature) . Il raconte sa découverte, il y a seulement 100 ans, au cœur d’une jungle hostile, de temples à l’abandon, investis par les chauves-souris, les serpents et les moustiques, croulant sous les arbres fromagers (cf. les photos), où les fidèles déposaient des bâtons d’encens devant le moindre amas de pierre, de peur de délaisser une statue sacrée. Il raconte qu’il ne fallait pas quitter l’enceinte des temples à la nuit tombée: les palmiers alentours étaient lacérés par les tigres pour se faire les griffes.

La situation à bien changé: la plupart des temples ont été déblayés, certains restaurés, on peut s’y rendre en tuk-tuk. Les tigres ne sont plus là, les moustiques ont quasiment disparu mais il faut toujours prendre garde aux serpents (Maxime et Romain en ont vu un de près!), mais les temples ont perdu leur caractère de sanctuaire. Les Cambodgiens ont cependant eu le bon goût de laisser deux temples aux prises avec la jungle, pour qu’on se rende compte -c’est la jungle qui gagne, sans aucune discussion!

Plusieurs choses frappent quand on aborde ces temples, incontestablement une merveille de la civilisation.

  • La finesse et la variété de l’ensemble

Angkor est renommé à juste titre pour ses bas-reliefs relatant la création du monde selon les mythes hindous. Ils portent gaillardement leurs 8 siècles et témoignent d’une finesse qui éclipse allègrement art roman et gothiques, pourtant contemporains (les temples d’Angkor ont été construits et affinés sur 4 siècles) -finesse des traits, rendu du mouvement, effet de voile, tout y est. Bien d’autres chefs d’oeuvres eussent mérité une mention, je me cantonnerai aux Apsaras, danseuses sacrées qui figurent sur moult bas reliefs et sont aujourd’hui un symbole du pays (la société qui exploite les temples s’appelle d’ailleurs Apsara!)
On pourrait croire que tous ces temples ne sont en définitive qu’une variation assez monotone sur un même exercice. Il n’en est rien.
Une grande partie de la magie du lieu tient à son mélange harmonieux entre différentes échelles sur un même ensemble, depuis les monumentales têtes à quatre faces jusqu’au plus petit ornement. Le tout revêt une profonde unité, on sent qu’on se frotte à quelque chose de grand, à une civilisation majeure, que tout est réussi: on est saisi, charmé, écrasé ou séduit, tour à tour mais toujours au bon moment, sans que les années n’ôtent de sa superbe à l’endroit.
Étonnamment, chaque temple affiche une identité propre, même pour le profane -les proportions, la pierre, le niveau de détail, la disposition d’ensemble, chaque temple est suffisamment singulier pour qu’on ne soit pas lassé avant de l’avoir vu. Le niveau d’envahissement par la forêt joue certainement également.

  • La civilisation khmère, une civilisation brillante

La civilisation khmère est sans conteste issue de l’Inde. On retrouve cette origine dans le caractère hindou des temples, dans la forme de leur écriture, et dans leur apparence physique -les khmers sont d’ailleurs très beaux. A l’instar de leurs voisins, les khmers se sont peu à peu convertis au bouddhisme (religion d’ailleurs venue d’Inde, bien qu’il y ait très peu de bouddhistes là-bas), mais sans que les temples soient détruits ou délaissés -il y a simplement eu une adaptation progressive.
La dispersion des temples dans la jungle est trompeuse. Là où prospèrent aujourd’hui les lianes s’étendait autrefois une métropole vibrante, mais dans des demeures de bois, la pierre étant réservée aux dieux. Les notables se distinguaient en employant des essences très recherchées. Cet aspect fourmilière est celui qu’on a le plus de mal à imaginer. La religion y tenait naturellement une place prépondérante -malgré le traumatisme de l’ère Pol Pot, la piété des Cambodgiens est encore marquée.

  • Un certain rapport au monde

On a d’autant plus de mal à imaginer à quoi pouvait ressembler la capitale d’un empire qui s’étendait à son apogée sur ce qui est aujourd’hui 4 pays -le Cambodge, le Laos, le Viêt-Nam et la Thaïlande, qu’on est frappé par le caractère paisible des Khmers et de l’environnement -leur langue même, très étrange pour nos oreilles et nos palais, participe de cette douceur. Dans l’atmosphère lourde d’humidité, où le vert de la végétation se combine à l’eau tranquille pour procurer une douce torpeur, on imagine plus la fièvre des tropiques que celle des grandes métropoles. La force irrésistible de la nature invite à la retenue -on retrouve l’humilité quand chaque pas, chaque bruit alentour peut s’avérer un danger mortel. Cette crainte des éléments s’accompagne d’une profonde reconnaissance, puisque l’abondance poisssonneuse du Tonlé Sap et la fertilité des terres ont fait la richesse de l’empire khmer.
Cet environnement a probablement façonné l’identité et la culture khmère, qu’on pourrait qualifier de lentement nomade: à mi-chemin entre Angkor et Phnom Penh, on trouve des temples pré-Angkoriens (les plus anciens portent péniblement leurs 1200 ans!), reliefs d’une ancienne capitale que les khmers ont abandonné apparemment sans état d’âme lorsqu’Angkor s’est avéré une capitale plus propice. De même, Angkor a purement et simplement été laissé à la jungle quand, au XIVe siècle, Phnom Penh est devenue la capitale du royaume.

FIN de la première partie

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2 réponses jusqu'à présent ↓

  • Etienne // août 19, 2008 à 10:47 | Répondre

    Salut Antoine !
    Vraiment génial ce voyage !!! Je vois que tu en profites bien !
    Merci en tout cas de nous le faire partager à travers ton blog – très réussi d’ailleurs -
    Il est maintenant dans mes favoris … histoire de jeter un ptit coup d’oeil à la pause midi pour sortir du boulot et de la grisaille parisienne – même en plein mois d’Août !
    Bises et à la prochaine,
    Etienne

  • zacou et maman cath // août 28, 2008 à 9:59 | Répondre

    Coucou le cousin ! Alors les asiatiques sont sympathiques? Super les photos ! Surtout les volcans… Alors tu as trouvé ta blonde? Allez profite bien, et à une prochaine fois ;)

    bisous de ta maman
    ça y est j’ai reçu le remboursement de ta carte imagin air!

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